Conférence.Chevènement : « La nation n'est pas périmée
Invité par le GREP Midi-Pyrénées, hier.
Jean-Pierre Chevènement hier à Toulouse, invité par le GREP animé par le prof de philosophie Paul
Seff. Photo DDM, F. Charmeux.
Entre l'Union européenne, la mondialisation économique et la décentralisation au profit des
régions, la nation est-elle un espace politique périmé ?
C'est à cette question que le Groupe de recherche, d'éducation et de prospective (GREP)
Midi-Pyrénées a invité à répondre Jean-Pierre Chevènement, hier à l'École supérieure de
commerce. En version courte, le président du Mouvement républicain et citoyen répond non.
Il en prend d'ailleurs pour preuve les réponses nationales à la crise financière que nous
traversons. Certes chaotiques, certes tâtonnants, les plans d'urgence ou de relance
présentés par les nations le démontrent. Les États-Unis et ses 600 milliards, la Chine et ses
400 milliards, le Japon et ses 200 milliards… « Seul l'État nation apparaît légitime pour
annoncer des chiffres aussi mirobolants », constate Jean-Pierre Chevènement. La France et
ses 26 milliards ? « Ce n'est pas beaucoup mais c'est une somme dont on ne savait pas
qu'elle existait puisque les caisses étaient vides », ironise l'ancien ministre.
Quoi qu'il en soit, en écartant le nationalisme, « maladie de la nation », et une définition
ethnique de la nation où l'on manipule « la matière explosive de l'identité » ; en écartant
l'idée d'une nation européenne « pas d'actualité », qu'elle repose sur l'idéologie postnationale
très allemande ou l'utopie développée par Dominique Strauss-Kahn ; en constatant
la « désuétude du mythe fédéraliste », les nations ont de beaux jours devant elles. Car,
rappelle le président du MDC, elles sont « le lieu de la démocratie, de la solidarité, du
sentiment d'appartenance ». À la vérité, il affirme qu'envisager l'obsolescence de la nation ne
serait qu'un « problème existentiel européen ». Ailleurs, aux États-Unis, en Chine ou en Inde,
il ne se pose pas.